Loin d’être un spé­cia­liste du Web (ou même de l’informatique, je serai plus un connais­seur averti), je sou­haite sim­ple­ment don­ner le point de vue d’un uti­li­sa­teur du web quant à la stra­té­gie de Google au vue des dif­fé­rentes décla­ra­tions ces der­niers temps.

Logo Google

On peut dire que ces der­niers mois on été par­ti­cu­liè­re­ment chargé pour Google : Go, Chrome, Chrome OS, Android, DNS Google. Je vais reve­nir rapi­de­ment sur ces dif­fé­rents projets.

Go est un nou­veau lan­gage de pro­gram­ma­tion web ayant pour une phi­lo­so­phie alliant la vitesse d’exécution du C++ à la faci­lité d’écriture du Python. Go n’a pas pour but de créer des sites web mais des appli­ca­tions inter­net (client ou ser­veur). Bien entendu, ce lan­gage est sous licence libre donc on pourra y connaitre tous ces rouages et sera aussi mul­ti­pla­te­forme (Win­dows / Mac / Linux).

Chrome est le navi­ga­teur web crée par Google. Il est basé sur le projet Chro­mium (déve­loppé aussi par Google mais avec l’accès au code source com­plè­te­ment libre). Il est à peine âgé d’un peu plus d’un an mais com­mence à se faire une belle part sur le mar­ché des navi­ga­teurs web. Déjà à sa 4e ver­sion (Google Chrome 4), il pos­sède pas mal de fonc­tion­na­li­tés qui peuvent atti­rer les uti­li­sa­teurs : assez léger, une vitesse d’affichage fou­droyante, le sup­port des thèmes (basique pour le moment), syn­chro­ni­sa­tion des marques-pages, arri­vée des exten­sions. Bref on peut dire qu’il a rat­trapé pas mal de ses concur­rents (voir même dépassé cer­tains de ces concur­rents). Si j’aurai une boule de cris­tal, je pour­rais même dire qu’il est pos­sible qu’un jour Chrome dépasse Fire­fox mais rien n’est moins sûr.

Interface de Google Chrome

Chrome OS est le futur nou­veau sys­tème d’exploitation déve­loppé lui aussi par Google. Basé sur Debian (une dis­tri­bu­tion Linux), cet OS peut appor­ter beau­coup au monde des OS libre car Chrome OS est lui-même entiè­re­ment libre. Néan­moins il lui sera plus dif­fi­cile de grap­piller des parts de mar­ché. Même si le sys­tème semble très rapide est réac­tif, il inflige tout de même d’importantes contraintes. Pre­miè­re­ment il est impos­sible d’installer des logi­ciels sur cette dis­tri­bu­tion, on est obligé d’utiliser des appli­ca­tions web. Sauf que cette res­tric­tion en amène une autre, il est impos­sible de faire fonc­tion­ner le sys­tème sur une confi­gu­ra­tion non prévu étant donné que les déve­lop­peurs ne peuvent pas ajou­ter direc­te­ment des dri­vers. De plus l’utilisateur de base n’a aucun droit (à part uti­li­ser Chrome qui sert de bureau-navigateur et confi­gu­rer cer­taines fonc­tions comme le wifi ou autres). Car même si Chrome OS a été conçu pour ne fonc­tion­ner que sur des net­books, il est fort pro­bable que Google se tourne plus tard vers les ordi­na­teurs de bureau/portable et à ce moment il fau­dra néces­sai­re­ment lais­ser plus de sou­plesse à l’utilisateur.

Bureau de Chrome OS

Android est le sys­tème d’exploitation pour télé­phone por­table. On peut noter que der­niè­re­ment le sys­tème a beau­coup la côté chez les dif­fé­rents construc­teurs (HTC, Sony, Sam­sung, …) et que nombres de modèles sont pré­vus pour 2010. Android a beau­coup d’atouts pour plaire il faut dire : c’est un sys­tème libre (donc les construc­teurs peuvent le modi­fier à leur sauce, voir par exemple l’interface Sense d’HTC), gra­tuit, une évolu­tion rapide, stable et s’adapte sur beau­coup de por­table. Par contre du côté déve­lop­peur c’est plus mitigé car même si le sys­tème est libre et que l’Android Mar­ket fait très bien son tra­vail, le sou­cis est de faire en sorte que l’application sur la majo­rité du parc de télé­phone uti­li­sant Android. Il faut dire que l’avantage de l’iPhone est que son OS n’est dis­po­nible que sur un modèle de por­table, donc il n’est pas la peine de se poser trop de ques­tions sur les limites à ne pas dépas­ser pour avoir une appli­ca­tion qui fonc­tionne bien, ce qui n’est pas le cas avec Android car il existe de mul­tiples modèles, cha­cune avec une confi­gu­ra­tion dif­fé­rente de l’autre (vitesse du pro­ces­seur, ram, taille de l’écran, …). Mais il devrai quand même conti­nuer à gagner des parts de mar­ché sur les années qui arrivent.

Les nou­veaux Public DNS de Google car vous devez le savoir, depuis hier Google a mis en ligne des ser­veurs DNS. Pour rap­pel, un ser­veur DNS à pour tâche de tra­duire une adresse web en adresse IP et inver­se­ment pour accé­der à des pages ou des ser­vices dis­po­nibles sur Inter­net. Par exemple pre­nont ce blog, il est plus simple de marquer « www.anthodev.com » que « 87.106.152.179″, le ser­veur DNS va tra­duire « www.anthodev.com » en « 87.106.152.179″ qui va donc contac­ter le ser­veur à l’adresse IP tra­duite qui va à son tour envoyer la page web cor­res­pon­dante au navi­ga­teur inter­net (si la page existe). Pour ceux qui sou­hai­te­rai uti­li­ser les ser­veurs DNS public de Google, voici leurs adresses, en pri­maire 8.8.8.8 et en secon­daire 8.8.4.4. A la dif­fé­rence de leurs autres projets, ces DNS ne sont pas libre, le code der­rière est pro­prié­taire mais Google affirme ne rien sto­cker et fil­trer sur ces DNS à part le fait que l’adresse IP est conservé 24 heures pour des rai­sons de sécurité.

Met­tons tous ça bout à bout, on a donc : un lan­gage de pro­gram­ma­tion web, un navi­ga­teur web, des sys­tèmes d’exploitation, des ser­veurs DNS, rajou­tons à cela le moteur de recherche, AdWord/AdSense, Gmail, You­tube, Google Ana­ly­tics (même si je l’utilise) et on peut dire que Google touche à tout ce qui est de près ou de loin à Inter­net. Cer­tains me trai­te­ront de para­noïaque mais il faut tout de même avouer qu’ils ont toutes les cartes en main pour contrô­ler le web ou du moins, savoir tout ce qui s’y passe. Il suf­fit de voir l’effet que fait un défé­ren­ce­ment de Google sur un site inter­net pour com­prendre le pou­voir qu’ils pos­sèdent sur la toile.

Bref, Google à tous les outils en main pour fliquer tous les inter­nautes du monde (du moins ceux qui uti­lisent leur ser­vices), de savoir qui fait quoi à quellle heure. D’où la ques­tion sui­vante : Qu’est ce que compte faire Google dans l’avenir ? Contrô­ler Inter­net ? Déte­nir un pou­voir de déci­sions concer­nant les ques­tions trai­tant du web (bref deve­nir un inter­mé­diaire obli­ga­toire concer­nant  l’évolution du net) ? Res­ter neutre (sauf pour la ques­tion chi­noise) ? Autant de ques­tions sans réponses pour le moment, mais il est cer­tain qu’il est néces­saire de suivre de près les futurs annonces de Google car il risque d’y avoir un fruit pourri dans la corbeille.

Moi-même j’utilise Google (le moteur de recherche), Gmail et Google Ana­ly­tics mais cela me fait froid dans le dos de voir autant de pou­voirs dans une seul société (même Micro­soft n’est pas aussi puis­sant). Je me demande jusqu’où iront leurs ambitions.

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